Communiqué de presse 

 
Mercredi 7 mars 
 
Séquence Nolwenn Leroy / Laurent Baffie:
le CSA manque à son rôle

L’association Politiqu’elles a saisi le CSA en octobre dernier afin d’obtenir une sanction exemplaire pour la chaîne C8, à la suite d’une séquence diffusée dans l’émission Salut les Terriens ! le 23 septembre ayant eu un fort retentissement dans l’opinion publique. Nous avons demandé l’ouverture d’une mise en demeure contre la chaîne du fait d’agissements entraînant l’humiliation des femmes, la banalisation d’attouchements sexuels et la promotion de la culture du viol.

La dite séquence, où Laurent Baffie soulève à deux reprises la jupe de Nolwenn Leroy, est une manifestation de la culture du viol. Celle-ci, banalisée dans les médias, minimise voire encourage les violences faites aux femmes. Nous n’imaginons pas en 2018 une femme baissant la braguette d’un homme à la télé pour amuser le public.

Salut les Terriens ! étant une émission enregistrée, la production a délibérément choisi de diffuser cette séquence. Nous avons donc plaidé devant le CSA cette circonstance aggravante.

Ainsi, le CSA a examiné la séquence lors de sa séance du 24 janvier 2018 et nous a communiqué par courrier sa décision, relayée avec grande joie par Laurent Baffie : “le Conseil a relevé le contexte manifestement humoristique et provocateur de l’émission ainsi que la déclaration de l’invitée minimisant la portée de ce geste. Le Conseil a donc adressé un courrier à l’éditeur l’informant que, pour cette fois, il avait considéré que ce manquement ne justifiait pas une mesure d’avertissement”. Nous considérons que le CSA a failli à sa mission telle qu’énumérée dans l’article 3-1 de la loi n°86-1067 du 30 septembre 1986 : “Il assure le respect des droits des femmes dans le domaine de la communication audiovisuelle. A cette fin, il veille, d’une part, à une juste représentation des femmes et des hommes dans les programmes des services de communication audiovisuelle et, d’autre part, à l’image des femmes qui apparaît dans ces programmes, notamment en luttant contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes, les violences faites aux femmes et les violences commises au sein des couples. Dans ce but, il porte une attention particulière aux programmes des services de communication audiovisuelle destinés à l’enfance et à la jeunesse.”


Bien que Nolwenn Leroy ait fait part de son “amitié” pour Laurent Baffie, nous considérons qu’un acte de cette nature n’a pas sa place sur une chaîne de télévision à une heure de grande écoute. A toutes fins utiles, nous souhaitons rappeler que dans 83% des cas de viols, l’agresseur est un proche de la victime, à savoir un voisin, un ami, le conjoint. Il n’est pas délivré un guide aux téléspectateurs et téléspectatrices expliquant les liens d’amitiés entre chroniqueurs et invités.


Fatima El Ouasdi, présidente de Politiqu’elles, dénonce “un manquement au rôle d’éducation et de prévention du CSA sur les violences faites aux femmes. C’est une occasion ratée de faire de cette séquence un exemple après l’affaire Weinstein et le mouvement #Metoo. A l’heure de la Grande cause nationale et l’annonce d’un projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles, le CSA aurait pu montrer qu’il a un rôle concret à jouer dans la bataille culturelle pour l’égalité femmes-hommes et l’éradication des violences. »

Nous remercions la Fondation des femmes pour son soutien dans la procédure de saisine.