All posts in Non classé

Politiqu’elles Sciences Po recrute !

Politiqu'elles recrute-2

Pour l’année 2017-2018, Politiqu’elles Sciences Po renouvelle son équipe sur le campus de Paris. Les candidats et candidates qui souhaitent postuler à des postes proposés ci-dessous devront fournir :

  • Un CV
  • Une courte motivation
  • Le choix du poste et ses raisons
  • Une idée d’action que le.la candidat.e souhaite mettre en place

Ces documents devront être envoyés à :

DATE LIMITE DE CANDIDATURE : 6 AOUT 2017 (inclus)

Au delà de cette date, vous pourrez toujours candidater, mais priorité sera donnée aux candidatures reçues avant le dimanche 6 août (inclus)

Responsabilités à pouvoir au sein de l’association pour l’année 2017-2018 sur le campus de Paris :

1. Secrétaire général.e

  • Connaître et faire appliquer les statuts de l’association ;
  • Planifier et organiser les réunions de l’association ;
  • Faire un compte-rendu des réunions et des conférences ;
  • Trier et répondre aux messages facebook, mails reçu par l’association ;
  • Assurer la liaison entre les équipes et le.la responsable de section

2. Au sein du pôle communication

  • Le pôle communication a pour but de définir et animer la politique de communication de l’association.
  • Il doit également mener et concevoir des actions de communications
  • Le pôle communication est composé d’un responsable et des autres membres :

       2.1  Community manager 

  • Alimenter et mettre à jour les réseaux sociaux de l’association (twitter, facebook, site web) en communiquant sur les actions de l’association dès que l’occasion se présente ;

       2.2 Communication visuelle

  •  Réaliser les visuels – conformes aux règles préalablement données – lors de l’organisation d’évènements (ex : conférences, formations, table-rond, afterwork etc) et les partager sur les réseaux sociaux ;

       2.3 Veille média

  •  Se tenir informer de façon journalière et hebdomadaire sur l’actualité liée à l’égalité femmes-hommes et aux droits des femmes et sélectionner celles sur lesquelles une réaction doit être faite. Le but étant que la communication de l’association soit soutenue et engagée.
  • Retransmettre les conférences par live Facebook et Twitter

3. Pôle conférences – Responsable événementiel

  • Le pôle conférence est composé d’un responsable et de deux autres membres
  • Mettre en place le calendrier des conférences au début du semestre
  • Organiser des conférences aux dates importantes (ex : journée des droits des femmes)

       3.1 Responsable du pôle conférences (superviseur)

      3.2 Responsable de la semaine des Droits des Femmes (semaine du 8 mars)

      3.3 Responsable des conférences inter-asso (partenariats avec autres associations de l’école)

4. Responsable formation Femme d’Avenir

  • Organiser un cycle de formations pour étudiantes en master
  • Rechercher et contacter des intervenants
  • Sélectionner sur CV les participantes

 

Nous avons hâte de faire connaissance avec vous ! 

 

[COMMUNIQUÉ DE PRESSE] : HIJAB DAY À SCIENCES PO

6
COMMUNIQUE HIJAB DAY

Communiqué de Presse de l’association Politiqu’elles sur le Hijab Day à Sciences Po
COMMUNIQUE HIJAB DAY

Elżbieta Bieńkowska, « femme de succès » polonaise

1637080-elzbieta-bienkowska-wicepremier

Elżbieta Bieńkowska, une femme politique d’abord au niveau national en Pologne et depuis peu au niveau européen, est née le 4 février 1964 à Katowice au Sud du pays. Elle a fait des études sur l’orientalisme scientifique avec pour spécialité la culture de l’Iran à l’Université Jagiellonski à Cracovie. Ensuite, elle a repris les études dans les années 1990 pour finir l’Ecole Nationale de l’Administration Publique en 1996 et pour ajouter les études à l’Ecole des hautes études commerciales de Varsovie à son CV en 1998. Son parcours scolaire regroupe les grandes écoles et les universités les plus renommées en Pologne.

Sa carrière politique a débuté dans sa ville natale de Katowice. Très attachée à la décentralisation du pouvoir public, elle commence par travailler au niveau régional auprès du responsable de la voïévodie de Katowice. Elle était à l’origine et elle coordonnait la stratégie régionale d’innovation pour la voïévodie de Slask ainsi que d’autres programmes de développement dans cette région qui prennent lieu jusqu’en 2007. Elżbieta Bieńkowska est aussi très attachée à l’intégration européenne, ce qui fait d’elle l’interlocuteur principal au niveau régional concernant la mobilisation des fonds européens à cette époque.

En 2007, le parti politique dont elle est membre – la Plate-forme civique – arrive au pouvoir suite à la victoire aux élections législatives. Bieńkowska est nommée ministre du développement régional par le chef du gouvernement, Donald Tusk. Elle conserve ce poste, dans la continuité de sa carrière régionale préalable, jusqu’en 2013.

En 2011, Elżbieta Bieńkowska est élue au Senat. Sa carrière accélère très rapidement à partir de 2013, car elle est révoquée de son poste de ministre le 27 novembre 2013 pour être ensuite nommée vice-première ministre et ministre de l’infrastructure et de développement, un poste qu’elle ne conservera qu’un an mais qui lui a assuré un élan important. Pendant longtemps elle était une des femmes les plus importantes et les plus actives de la vie politique polonaise, aux côtés de Ewa Kopacz, la future première ministre. Sa carrière change de tournure le 10 septembre 2014, quand elle reçoit la nomination de Jean-Claude Juncker pour rejoindre la Commission européenne en tant que commissaire du marché intérieur, industrie, entreprenariat et PME. Elle quitte le gouvernement en novembre 2014 avec Donald Tusk qui est également nommé président du Conseil européen, ce qui cause des changements importants au sein du pouvoir public.

Elżbieta Bieńkowska illustre très bien l’image d’une « femme de succès » polonaise. Cumul de diplômes, détermination, ambition et une certaine distance froide avec son travail et ses collègues qualifient son succès. Son parcours reflète une grande continuité et montre les deux domaines auxquels elle s’est entièrement consacrée : le développement régional et l’intégration européenne.

Tosia Stępniak

D’après Elżbieta Bieńkowska et Bieńkowska

Barbara Nowacka, féministe polonaise

pic

 

Barbara Nowacka est une femme politique polonaise de gauche, l’une des principales politiques féministes actuelles du pays. Membre du parti « Unia pracy » (Union du travail) depuis 1997, puis devenue  coprésidente du parti « Twój ruch », elle a plus récemment été la leader de la coalition « Zjednoczona lewica » (La Gauche Unie) aux élections parlementaires d’octobre dernier. Elle avait également été à l’origine de la création de la liste « Europa Plus » aux élections européennes de 2014.

Sa sensibilité féministe lui vient sans doute de sa mère Izabela Jaruga-Nowacka qui, dès les années 1980, était membre de la Ligue des Femmes Polonaises (« Liga kobiet Polskich ») dont elle a été la présidente pendant deux mandats. Mais elle s’est elle-même très vite engagée dans la cause féministe. Dès 1993 elle rejoint la Federacja na Rzecz Kobiet i Planowania Rodziny (« Fédération pour les femmes et la planification de la famille ») qui prône une égalisation des opportunités des femmes et des hommes ainsi que le droit aux femmes d’une maternité « consciente » (connaissances sur la sexualité, l’accès à la contraception, un bon suivi médical de grossesse, intervention volontaire de grossesse…).[1]

Barbara Nowacka milite pour des droits tels que l’avortement, le financement de la fécondation in vitro par l’Etat ou encore sa mise en accessibilité aux femmes célibataires, choses qui ne sont pas encore acquises en Pologne…

Elle est également réputée pour sa défense des droits des femmes dans la politique. Elle a répondu à plusieurs interviews dans des journaux polonais à des questions portant exclusivement sur ce sujet, dans Newsweek et Polska Times entre autres. Pour elle, une grande part de la discrimination envers les femmes réside dans la vision stéréotypée de la femme dans la société, maintenue par l’ensemble de la population (hommes et femmes confondus). Elle dénonce par exemple le comportement discriminant des journalistes envers les femmes politiques lors d’interviews, l’intérêt différent porté envers les femmes (tendance à donner une plus grande importance au physique par exemple), ou encore le manque de solidarité entre les femmes politiques elles-mêmes.

Comme elle l’a confié au journal Polska Times, « la politique est un monde d’hommes. Les femmes devraient se soutenir, pas rivaliser[2] ».

Inès Roy-Lewanowicz

[1]  Barbara Nowacka
[2] « Polityka to męski świat. Kobiety powinny się wspierać, nie rywalizować »

Elizabeth I, la reine illégitime

Elizabeth Ier

La fille illégitime

Qualifiée d’enfant bâtard, Elizabeth I nait en 1533 hors mariage de la relation illégale entre le Roi Henri VIII d’Angleterre et Anne Boleyn, le roi étant marié avec sa femme Catherine d’Aragon, reine d’Espagne.

Face à l’incapacité de la reine Catherine d’Aragon à donner naissance à un héritier mâle, le roi fait le choix de divorcer et de se remarier avec sa maitresse qui devient dès lors reine d’Angleterre. Ce divorce est à l’origine d’un des événements les plus marquants de l’histoire de l’Angleterre. Le Roi, qui jusque là était un soutien sans faille à Rome, demande au pape l’annulation de son mariage afin de pouvoir épouser sa maitresse et légitimer l’enfant. Le refus du pape sonne la séparation du Royaume d’Angleterre avec le catholicisme et la naissance d’une nouvelle religion, l’anglicanisme.

Cependant, le roi ne se suffit pas d’Anne Boleyn qui ne parvient pas à lui donner un héritier mâle. Accusée d’adultère, elle est exécutée. Elizabeth I, déchue, perd le titre de princesse.

La bataille pour l’accession au trône

Elizabeth ILa réputation sulfureuse de sa mère suit de nombreuses années la jeune Elizabeth, l’éloignant de la succession au trône d’Henri VIII. Cependant elle reste très proche de son demi-frère Edouard VI, futur prétendant au trône.

A la mort d’Henri VIII en 1547, Edouard monte sur le trône mais meurt rapidement d’une malade infantile. Se pose alors la question de l’héritière de la couronne. En effet, il ne reste plus que des femmes susceptibles de régner : Marie fille de Catherine d’Aragon, Elizabeth I fille d’Anne Boylen et la cousine Jeanne Grey désignée dans le testament du roi Edouard. Après un complot douteux, c’est cette dernière qui monte sur le trône. Toutefois, elle fut rapidement destituée, Marie Tudor prenant les rênes du royaume en 1553.

Les tensions entre les deux sœurs sont vives. La reine Marie pratique une politique favorable au catholicisme et aux intérêts du royaume d’Espagne, tandis qu’Elizabeth devient l’espoir des protestants. Accusée d’avoir participer à un complot visant à renverser la reine (l’insurrection de Wyatt en 1554), elle est emprisonnée à la Tour de Londres. Néanmoins, sa complicité n’ayant pas pu être prouvée elle revient aux côtés de sa sœur souffrant de son impopularité.

Dans une volonté de l’évincer durablement, la reine cherche à marier Elizabeth. Cette dernière refusa alors tous les prétendants qu’on lui proposât, c’est le début de la légende de la « reine vierge ».

Enfin, ce fut la mort de la reine Marie en 1558 qui conduisit Elizabeth au trône.

Le règne de la reine vierge

Elizabeth accède au trône dans un climat de tensions, le Royaume est sujet à une crise de religion depuis plusieurs années, déchiré entre le catholicisme et le protestantisme. S’y ajoutent les doutes que suscite cette nouvelle reine, enfant illégitime du Royaume.

L’une des premières déclarations de la reine fut sa proclamation en tant que « reine vierge », refusant de se marier et de procréer, éteignant ainsi la lignée des Tudor. Une femme courageuse qui a fait passer ses responsabilités de reine devant son désir de se marier et d’enfanter. La jeune reine, cultivée et bien éduquée, dotée d’une intelligence et d’un pragmatisme remarquable, comprit rapidement que le mariage n’était pas compatible avec le trône. Les expériences l’ayant précédée lui en avaient donné la preuve, les mariages royaux étaient sources de discorde et de conflits notamment lorsqu’il était question d’une alliance avec un autre royaume.

3407771363_f60d2e830d_oSon règne est marqué par le règlement élizabéthain qui correspond à la résolution de la crise de religion qui subsistait en Angleterre. Elizabeth fait le choix de se ranger du côté du protestantisme proclamant l’autorité de l’église protestante anglaise et son propre statut de gouverneur suprême. Ainsi, les évêques ne portaient plus serment au pape mais à la reine, pratique qui choqua l’opinion publique. La reine devait faire face aux oppositions des catholiques et des puritains (protestants radicaux). La résolution décidée par la reine prend le nom de « révolution de 1559 » tant ses répercussions sont importantes pour l’époque et pour l’avenir du pays.

On ne peut parler du règne d’Elizabeth I sans mentionner le cas de l’Irlande. Certes l’Irlande faisait parti du royaume d’Angleterre, mais une grande partie était autonome. La politique menée par la reine (notamment en matière de religion) était vivement critiquée par les Irlandais, attachés au catholicisme et voyant d’un mauvais œil les volontés expansionnistes de l’Angleterre. Les tensions sont vives entre les deux pays, les révoltes menées de front par l’Irlande sont durement réprimées dans le sang et la terreur par l’armée anglaise. Une menace de guerre civile plane au dessus de l’Irlande où se côtoient colons anglais protestants et irlandais catholiques.

Elizabeth I est considérée comme la plus célèbre reine mais aussi comme l’un des plus grands souverains qu’a connu l’Angleterre grâce notamment à son talent d’oratrice largement reconnu.

Elle meurt en 1603, après près d’un demi-siècle de règne qui marqua l’histoire du pays par une période de force et d’unité nationale. Les projets initiés par les deux précédents Tudor furent réalisés : l’unité du royaume avec le rattachement de l’Ecosse et le retour à l’ordre en Irlande ainsi que la réalisation d’une grande nation, respectée des autres puissances. Certes, ce fut un règne de violence et de sévérité, mais il fut l’un des plus prospère pour l’Angleterre, puisqu’il lui permit de se placer au rang de puissance mondiale et influente.

Océane Roux

Marie Curie, première femme à obtenir un prix Nobel

Capture d’écran 2014-12-03 à 19.19.10

Marie Curie

Maria Salomea Sklodowska naît à Varsovie le 7 novembre 1867. À la suite des décès de sa mère et de sa soeur, elle se réfugie dans les études où elle se révèle particulièrement brillante. Elle souhaite enseigner mais de telles études sont interdites aux femmes ; elle est alors engagée dans un laboratoire où elle développe sa passion pour la physique-chimie. Elle part pour Paris en 1891 et débute des études de physique au sein de la Faculté des Sciences où elle fait partie des seulement 23 femmes inscrites. Elle finit première de sa promotion et obtient un an plus tard une licence en mathématiques en étant classée deuxième.

En 1894, elle rencontre Pierre Curie, spécialisé dans l’étude du magnétisme ; ils se marient en juillet 1895. Marie Curie débute l’écriture d’une thèse sur l’étude des rayonnements produits par l’uranium. Son mari abandonne ses propres recherches pour se consacrer avec elle à l’approfondissement des travaux d’Henri Becquerel. En 1898, ils découvrent le polonium et le radium, respectivement 400 et 900 fois plus puissants que l’uranium. Marie Curie et son mari reçoivent le prix Nobel de Physique en 1903. Son nom n’apparaît au départ pas dans les dossiers de l’Académie des Sciences, mais Pierre Curie qui a pu y avoir accès avant la remise du prix le fait ajouter. Elle est la première femme à obtenir un prix Nobel. La même année, elle devient également la première femme lauréate de la Médaille Davy, qui récompense les travaux exceptionnels de chercheurs en chimie.

Son mari meurt en 1906, renversé accidentellement. Ce décès est un choc pour Marie Curie, qui se réfugie à nouveau dans son travail et dans ses recherches. Elle devient à cette époque la première femme française directrice d’un laboratoire universitaire ; elle y favorise la candidature de femmes chercheuses ou étudiantes. En mai de la même année, elle est chargée du remplacement de son mari en tant que professeur à la Sorbonne, ce qui fait d’elle la première femme à enseigner dans cette université. Malgré une candidature prometteuse à l’Académie des Sciences en 1910, elle n’est finalement pas élue en raison de l’atmosphère conservatrice qui y règne.

Au cours de l’année 1911 éclate l’ « Affaire Langevin » où elle se voit accusée injustement de mener une liaison avec Paul Langevin, homme marié. L’opinion publique s’enflamme alors qu’une presse nationaliste misogyne cherche à la diaboliser. En dépit du scandale, elle reçoit la même année le prix Nobel de chimie pour ses recherches et ses travaux et devient la première personne à obtenir deux prix Nobel : la presse française ne commente pas l’évènement.

En 1914, elle fonde un institut consacré à la recherche contre le cancer. La guerre éclate et Marie Curie se mobilise en travaillant sur la conception de procédés de prise en charge en urgence des blessés : elle participe ainsi à la création d’ambulances radiologiques surnommées les « petites Curie ». Après la guerre, son institut se développe, et reçoit de nombreux dons alors que l’on découvre les vertus thérapeutiques du radium dans la lutte contre le cancer. Il est par ailleurs un lieu de foisonnement intellectuel et accueille des chercheurs du monde entier et en particulier des femmes. Marie Curie voyage elle-même beaucoup et participe à des évènements scientifiques internationaux.

Cependant, elle prend conscience vers 1920 que le radium semble avoir des effets négatifs sur sa santé : elle se révèle finalement atteinte d’une leucémie radio-induite qui l’affaiblit énormément. Elle continue d’assurer la direction et la gestion de l’institut d’une main de fer en dépit de son état, mais décède en 1934 des suites de sa maladie. En 1995, ses cendres sont transférées au Panthéon. Elle reste à ce jour la seule femme honorée là-bas.

Léa Momméja

Christine de Pisan et la « Cité des Dames »

Christine de Pisan

Née à Venise en 1364, Christine de Pisan est la fille du réputé médecin Thomas de Pisan, appelé en France par le roi Charles V. Elle hérite de son père son goût pour les études. Celui-ci fera attention à soigner son éducation; elle apprend notamment le latin, ce qui lui permettra de continuer l’étude par elle même.

Elle épouse Étienne de Castel à l’âge de quinze ans, son mari en a alors vingt-quatre, homme savant il bénéficie d’une office de notaire. Malgré son jeune âge, le jour du mariage, c’est un amour réciproque qui unit ce couple qui aura trois enfants.

 La mort de son père en 1385 puis de son mari 1390, laisse Christine de Pisan veuve à l’âge de vingt-six ans. Sans revenu, avec trois enfants à sa charge, elle choisit de vivre de sa plume. Elle reprend seule des études approfondies, notamment en Littérature, Philosophie et Histoire tout en composant ses premiers poèmes. Elle reçoit rapidement un grand succès. Cette reconnaissance lui permet de retrouver son ancien niveau de vie tout en obtenant la protection de puissants comme Jean de Berry ou le duc Louis Ier.

Non sans courage, elle dénonce la misogynie de l’auteur le plus lu et commenté de l’époque dans Epistre au Dieu d’Amours (1399) et Dit de la rose (1402). Sa critique de la continuité du Roman de la Rose par Jean de Meung provoque la première querelle littéraire française.

À cet égard, Christine de Pisan compose son chef d’œuvre en 1404, le Livre de la Cité des Dames. Sous les figures allégoriques des déesses de la Raison, de la Droiture et de la Justice, elle y imagine une cité construite et peuplée uniquement de femmes. C’est ainsi que l’autrice va à travers bon nombre d’exemples historiques insister sur l’égale faculté morale et intellectuelle des deux sexes. Le Livre de la Cité des Dames est souvent considéré comme le premier ouvrage féministe, puisqu’il s’émancipe des tropismes traditionnels sur la rhétorique de la condition des femmes.

Impuissante et désabusée face à un royaume divisé par la guerre civile et occupé par les Anglais, elle se retire à l’abbaye de Poissy en 1419. Elle en sortira dix ans plus tard, le 31 Juillet 1429 deux semaines après le sacre de Charles VII, pour écrire le Ditié de Jeanne d’Arc où elle célèbre les victoires de la mère de la nation française.

Dernier hommage d’une femme d’exception, elle s’éteint peu après, sans doute en 1430.

Quentin Raffo 

Jeanne d’Arc, la « pucelle d’Orléans »

jeanne d'arc

jeanne d'arc

Jeanne d’Arc ou encore « La pucelle d’Orléans » est une héroïne de l’Histoire de France célébrée pour son courage. Née le 6 janvier 1412 à Domrémy, en Lorraine, elle grandit pendant la guerre de Cent Ans, conflit qui opposa la France à l’Angleterre entre 1337 et 1453. C’est une jeune fille pieuse, qui lorsqu’elle a 13 ans, voit apparaitre l’archange Saint Michel, qui lui demande de conduire le Dauphin sur le trône et de libérer la France de la présence anglaise. Ainsi à 16 ans, Jeanne d’Arc décide d’obéir à ces voix célestes et, malgré les réticences de sa famille, part à Vaucouleurs trouver le Capitaine Robert de Baudricourt pour qu’il l’aide à rencontrer le Dauphin. Baudricourt cède à sa demande et Jeanne part ensuite à Chinon pour se rendre auprès du futur Charles VII.

Selon la légende, elle aurait réussi à reconnaître le Dauphin dans la foule alors que ce dernier portait des vêtements simples. Elle lui expliquera qu’elle est envoyée par Dieu et que sa mission consiste à le faire sacré roi ainsi qu’à évacuer les anglais du territoire français. Le dauphin qui est méfiant, décide de s’assurer qu’elle est bonne chrétienne et non une sorcière. Pour cela, il lui fait subir des interrogatoires menés par les autorités religieuses à Poitiers. Ces examens confirment sa foi et sa virginité. Suite à cela, le dauphin lui accorde une armée afin de libérer Orléans des mains des Anglais. On l’équipe d’une armure ainsi que d’une bannière blanche garnie d’une fleur de lys, où elle inscrira « Jesus Maria ». Dans son armée, on pouvait trouver le duc d’Alençon, Gilles de Rais et La Hire.

 En cette fin de Moyen-âge, une femme, roturière de surcroît, dirige une armée au nom du roi. Jeanne d’Arc arrive à Orléans le 29 avril 1429 et redonne confiance aux soldats épuisés. Dans la nuit du 7 au 8 mai 1429, les Anglais abandonnent le siège et elle remporte la victoire. Dans la continuité des événements, le 17 juillet 1429, le dauphin est couronné roi de France dans la cathédrale de Reims en présence de Jeanne et prend le nom de Charles VII. Pour parachever sa mission, Jeanne doit libérer Paris qui est encore aux mains des Anglais. De ce fait, elle repart en campagne mais désormais elle ne représentera plus le roi qui lui privilégie l’entente avec Philippe de Bourgogne.

L’aventure militaire de Jeanne d’Arc s’achève à Compiègne où elle est capturée et faite prisonnière le 24 mai 1430. Elle est vendue aux Anglais pour être jugée par un tribunal ecclésiastique à Rouen pour sorcellerie et hérésie. Jeanne d’Arc paye le prix fort pour ses convictions car elle est condamnée à être brûlée vive. La mère de la nation française meurt le 30 mai 1431, à 19 ans, sur la place du Vieux-Marché à Rouen.

Ce n’est qu’en 1456 qu’un second procès, à l’initiative de la mère de Jeanne et du pape Calixte III, annule le jugement et réhabilite Jeanne d’Arc. Elle est canonisée en 1920 par Benoît XV.

Charlotte Autissier

Gagne un pass pour le forum Happy Happening

Politiqu’elles et Jam Sciences Po vous offrent un pass week-end pour le forum Happy Happening, organisé par AuFeminin.com et ADT Lab, les 15 et 16 novembre prochains. 5 places sont mises en jeu ! Bonne chance 😉

PROGRAMME DU FORUM 

TRIBUNE : Adoption de la loi sur l’égalité Femmes-Hommes

À l’occasion de l’adoption du texte de loi relatif à l’égalité femmes-hommes, deux membres de Politiqu’elles souhaitent donner leur avis sur certaines dispositions du texte. Vous les retrouverez ci-dessous et pourrez y réagir par commentaire !

Petit rappel : La loi traite dans un même ensemble “les inégalités professionnelles, domestiques ou postséparation de couple, du droit des femmes à disposer de leur corps, de la parité et des violences envers les femmes” et s’organise en quatre thèmes majeurs : assurer l’égalité dans l’entreprise (5 mesures), poser les fondements d’une garantie contre les impayés de pensions alimentaires (3 mesures), protéger les femmes contre toutes les violences (6 mesures), et généraliser la parité (2 mesures).

 

Constance GUYOT, 1A :

Depuis 200 ans, la parité entre les hommes et les femmes n’a cessé de progresser. Le vote de cette nouvelle loi représente, à mes yeux, une étape de plus dans cette progression. Cependant, il est évident qu’il demeure, et qu’il demeurera encore pour de nombreuses années des obstacles difficiles à passer. Même si cette loi est un progrès important, il faut encore lutter contre la banalisation du traitement inégalitaire entre les sexes.

Comme nous avons pu le constater ces derniers jours, la France n’est pas en reste en ce qui concerne les projets de loi visant à établir l’égalité hommes-femmes. Le problème majeur aujourd’hui reposerait, selon moi, sur la persistance de mentalités misogynes et à tendances discriminatoires, notamment dans le monde professionnel. J’estime que faire de la parité seulement en instaurant des lois ne permet pas à gommer tous les types de discriminations – or, ceci est le but même de cette loi.

Je considère aussi qu’il est important pour un pays de mener un combat pour que cette égalité existe réellement, et pas seulement dans les textes. En effet, elle est un véritable enjeu pour sa réussite. Aujourd’hui, il est facile de considérer que la France va dans ce sens, pourtant, il n’en est rien. Pour moi, ceci n’est qu’une illusion, un semblant d’égalité. Même si de nouvelles lois sont votées, il ne faut pas oublier que rien n’est jamais acquis.

Fatima EL OUASDI, 2A : 

Une des dispositions importantes de la loi est la généralisation de la parité dans la société et notamment dans les instances du sport, du commerce, et de l’industrie et les professions réglementées.

À titre personnel, j’ai trouvé intéressant l’instauration de parité dans les instances sportives. En effet, dans la vie politique locale, les délégations sportives dans les mairies sont souvent occupées par des hommes. La raison est plutôt évidente : quand on est maire-adjoint au sport ou conseiller municipal délégué à la vie associative et sportive, on va très souvent au contact des citoyens. C’est une délégation stratégique et elle est très souvent accaparée par les hommes.
On comprend le souci de vouloir instaurer de la parité dans les instances sportives, et ce pour plusieurs raisons. L’importance numérique des femmes dans les clubs sportifs et dans tous les sports est significative. La loi prévoit que « [l]orsque la proportion de licenciés de chacun des deux sexes est supérieure ou égale à 25 %, les statuts prévoient les conditions dans lesquelles est garanti dans les instances dirigeantes de la fédération que l’écart entre le nombre de membres de chaque sexe ne soit pas supérieur à un. »
Dans cet alinéa, on comprend combien cette loi se veut innovante. Certes, les femmes ont souvent envie de s’investir dans leur club sportif. Ont-elles les moyens de le faire ? J’en doute. Mais alors, pourquoi ne pas changer les mentalités avant d’imposer à tout prix une parité qui pourrait avoir des effets pervers ? À l’image de la parité imposée dans les communes de plus de 1000 habitants, les témoignages se succèdent sur les difficultés de constituer des listes strictement paritaires. La loi permettra sans aucun doute l’augmentation durable et rapide de la part des femmes dans les instances dirigeantes. Elle permettra aussi de féminiser les délégations sportives dans nos mairies et d’encourager des femmes à se lancer en politique.