Fatima El Ouasdi, Présidente-fondatrice de Politiqu’elles, était présente le jeudi 12 juin aux Etats généraux sur les cyberviolences, dont le mot d’ordre était “Cyberviolences : comment faire concrètement reculer la haine sur Internet ?”.  Elle présentait le cybersexisme lors d’une table ronde intitulée “cyberviolences : constats et témoignages”.

 

Comme elle l’a expliqué, le cybersexisme est une forme particulière de cyberviolence qui est caractérisée par le fait qu’elle se fonde sur l’orientation sexuelle présumée, le comportement sexuel présumé ou l’apparence physique. Le revenge porn, qui consiste à publier des images à caractère sexuel sans le consentement de la personne pour se venger d’elle, en est la manifestation la plus connue. Toutefois, elle a rappelé que le hoax, c’est-à-dire la diffusion de fausses rumeurs, le slut shaming, qui humilie les victimes en se basant sur leur comportement sexuel supposé, ou le happy slapping, à savoir la diffusion vidéo d’une agression physique et/ou sexuelle, sont des formes de cybersexisme bien présentes et extrêmement violentes. Selon ses mots, le cybersexisme est “le reflet du patriarcat de la société”.

La lutte contre les cyberviolences et le cybersexisme est donc un enjeu sociétal. Ce phénomène est massif : les cyberviolences touchent ¼ de jeunes. Et, comme l’a souligné Présidente-fondatrice de Politiqu’elles, “le cybersexisme, ça tue, y compris en France”. Les parents se sentent souvent démunis face à ce type de violences. Pour Fatima El Ouasdi, le rôle de l’éducation et de la prévention de l’école est donc primordial. Elle préfère d’ailleurs se concentrer sur la prévention plutôt que sur la suppression des outils numérique. En effet, pour elle, “les jeunes savent ce qu’est le cyberharcèlement, mais ils ne savent pas forcément comment y faire face”. Il faut donc leur donner les outils pour se protéger et protéger les autres. Cela passe notamment par des interventions en milieu scolaire comme celles réalisées par Politiqu’elles.

Il ne faut néanmoins pas négliger l’importance d’une politique de répression efficace. Fatima El Ouasdi a ainsi rappelé l’efficience de la pression de l’opinion publique sur les annonceurs pour obliger les plateformes à réguler leurs contenus, comme l’action menée par Sophie Gourion lors de l’affaire Nadia Daam. Toutefois, il est important que des mesures concrètes soient mises en place par les pouvoirs publics. La Présidente-Fondatrice de Politiqu’elles a ainsi insisté sur le fait que les associations ont des moyens limités. Dès lors, il est anormal qu’elles supportent la majorités des signalements de contenu. Enfin, elle  a plaidé en faveur de la transparence des règlements des plateformes numériques concernant les contenus prohibés.

 

Mandine Pichon-Paulard