Née à Venise en 1364, Christine de Pisan est la fille du réputé médecin Thomas de Pisan, appelé en France par le roi Charles V. Elle hérite de son père son goût pour les études. Celui-ci fera attention à soigner son éducation; elle apprend notamment le latin, ce qui lui permettra de continuer l’étude par elle même.

Christine de Pizan

Elle épouse Étienne de Castel à l’âge de quinze ans, son mari en a alors vingt-quatre, homme savant il bénéficie d’une office de notaire. Malgré son jeune âge, le jour du mariage, c’est un amour réciproque qui unit ce couple qui aura trois enfants.

La mort de son père en 1385 puis de son mari 1390, laisse Christine de Pisan veuve à l’âge de vingt-six ans. Sans revenu, avec trois enfants à sa charge, elle choisit de vivre de sa plume. Elle reprend seule des études approfondies, notamment en Littérature, Philosophie et Histoire tout en composant ses premiers poèmes. Elle reçoit rapidement un grand succès. Cette reconnaissance lui permet de retrouver son ancien niveau de vie tout en obtenant la protection de puissants comme Jean de Berry ou le duc Louis Ier.

Non sans courage, elle dénonce la misogynie de l’auteur le plus lu et commenté de l’époque dans Epistre au Dieu d’Amours (1399) et Dit de la rose (1402). Sa critique de la continuité du Roman de la Rose par Jean de Meung provoque la première querelle littéraire française.

À cet égard, Christine de Pisan compose son chef d’œuvre en 1404, le Livre de la Cité des Dames. Sous les figures allégoriques des déesses de la Raison, de la Droiture et de la Justice, elle y imagine une cité construite et peuplée uniquement de femmes. C’est ainsi que l’autrice va à travers bon nombre d’exemples historiques insister sur l’égale faculté morale et intellectuelle des deux sexes. Le Livre de la Cité des Dames est souvent considéré comme le premier ouvrage féministe, puisqu’il s’émancipe des tropismes traditionnels sur la rhétorique de la condition des femmes.

Impuissante et désabusée face à un royaume divisé par la guerre civile et occupé par les Anglais, elle se retire à l’abbaye de Poissy en 1419. Elle en sortira dix ans plus tard, le 31 Juillet 1429 deux semaines après le sacre de Charles VII, pour écrire le Ditié de Jeanne d’Arc où elle célèbre les victoires de la mère de la nation française.

Dernier hommage d’une femme d’exception, elle s’éteint peu après, sans doute en 1430.

Quentin Raffo