Benoit Hamon

Les propositions de Benoit Hamon sont les suivantes :

 

Égalité professionnelle

  • Mobilisation des partenaires sociaux pour aboutir à des accords revalorisant les rémunérations des métiers majoritairement occupés par des femmes
  • Contrôle et sanctions contre les entreprises n’appliquant pas l’égalité salariales et Name & Shame des entreprises concernées
  • Création d’un service public de la petite enfance pour que les jeunes parents (notamment les mères isolées)

 

Santé des femmes

  • Augmentation du nombre de centres de planification familiale et de structures pratiquant des IVG

 

Parité politique

  • Augmentation des amendes infligées aux partis en cas de non respect de la parité lors des élections

 

Prostitution

  • Accorder aux femmes étrangères victimes du système de la prostitution des papiers et un logement

 

Violence contre les femmes

  • Création de 4500 places d’hébergement spécialisé. Plaintes mieux traitées, poursuites systématiques et délais de justice réduits. Priorité nationale du mandat de Hamon
  • Pour lutter contre le sexisme, doublement des moyens à disposition du ministère des Droits des femmes
  • Création d’un corps anti-discriminations

L’avis de Politiqu’elles sur le programme de Benoit Hamon et compte-rendu de la rencontre avec Laura Slimani et Hella Kribi-Romdhane

 

NB : cette rencontre a eu lieu lors de la primaire de la Belle alliance populaire, mais son contenu reste pertinent – le programme sur l’égalité femmes-hommes n’ayant pas changé (excepté le revenu universel)

 

Rencontre le 11 janvier avec Laura Slimani et Hella Kribi-Romdhane. La première est l’ancienne présidente des Jeunes socialistes et estime que c’est par le féminisme qu’elle est arrivée en politique ; elle est engagée politiquement à Rouen. La seconde, qui a aussi milité au MJS, est l’ancienne vice-présidente du conseil régional d’Île-de-France, où elle était chargée de la formation sous le mandat de Jean-Paul Huchon ; elle est engagée à Massy. Nos deux interlocutrices insistent d’abord sur le fait que contrairement à d’autres équipes de campagne, il n’y a pas dans l’équipe de Benoît Hamon de personnalité qui se charge spécifiquement des droits des femmes. Elles alimentent cela dit le candidat en notes et un projet sur le sujet est intégré au programme du candidat mais elles considèrent que l’égalité femmes/hommes est un sujet transversal à l’économie et aux politiques sociales et qu’il ne peut pas être traité séparément.

 

Elles présentent le candidat Hamon sous le prisme de la modernité, avec des pratiques nouvelles, à la différence, sous-entendu, des autres candidats. Si elles se félicitent de progrès réalisés durant le quinquennat (loi cadre du 4 août 2014 de Najat Vallaud-Belkacem, développement du congé paternel, loi sur la prostitution…), elles regrettent l’instauration de la loi Travail portée par Myriam El Khomri, qui selon elles précarisent davantage les femmes ; par ailleurs, la loi de François Rebsamen de 2013 avec des visées simplificatrices a supprimé des dispositions favorisant l’égalité salariale. Elles regrettent également le recul du gouvernement sur les ABCD de l’égalité, qui visaient à lutter contre les stéréotypes de genre à l’école.

 

Le programme de Benoît Hamon s’ancre donc pour elles dans une lutte contre la précarité que le système économique actuel engendre ; être féministe induit donc de réformer cela car les femmes doivent souvent jongler entre obligations familiales et professionnelles (d’autant plus pour les mères célibataires), et que trouver une nourrice relève parfois du parcours du combattant. C’est pourquoi, notent-elle, il propose la création d’un service public de la petite enfance, ce qui serait aussi un gain économique car il permettrait aux femmes d’avoir plus de libertés pour travailler. Dans la même logique, la mesure phare de Benoît Hamon, le revenu universel, permettrait à certaines de pouvoir exercer du travail à temps partiel sans être économiquement précaires.

 

Laura Slimani et Hella Kribi-Romdhane abordent ensuite la question des violences faites aux femmes et la nécessité de développer les centres d’hébergement d’urgence. D’autre part, notant que des régressions risquent d’arriver avec François Fillon et Marine Le Pen, elles rappellent qu’il est important de protéger le Planning familial. Nous nous félicitons donc qu’elles prennent en compte la nécessité de donner des moyens aux organismes de défense de l’égalité femmes/hommes (comme au niveau local, avec par exemple l’Observatoire Hubertine Auclert), en particulier le ministère des Droits des femmes, dont le budget serait doublé grâce aux amendes des partis qui ne respecteraient pas la loi sur la parité aux élections législatives.

 

Terminant notre entretien sur le sujet du harcèlement, notamment la nécessité de lutter contre le revenge porn et le slut shaming, nous saluons l’originalité du programme de Benoît Hamon en matière d’imbrication économie-égalité femmes/hommes, qui prend en compte des problèmes de structure et pas seulement des questions (cela dit on ne peut plus nécessaires) de parité.