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Présidentielle: quel est le meilleur programme pour les droits des femmes ?

Présidentielle 2017

Politiqu’elles a souhaité mettre la question de l’égalité femmes-hommes au cœur du débat présidentiel depuis le mois de novembre 2016. Pour cela, nous avons mené une enquête de plusieurs mois, à la rencontre des équipes de campagne, pour mesurer la volonté d’application des programmes derrière les candidats.

Nous avons rencontré 16 équipes de campagne depuis novembre, dont sept des onze candidats finalistes pour l’élection présidentielle : Nicolas DUPONT-AIGNAN, Marine LE PEN, Emmanuel MACRON, Benoit HAMON, Nathalie ARTHAUD, Jean-Luc MÉLENCHON Et François FILLON.

Le rapport complet est disponible ici : Femmes 2017 – Quel est le meilleur programme pour les droits des femmes  -> Femmes2017 – Rapport final

Le comparatif des programmes des candidats est également disponible 

Tous les candidats, à l’exception de Jean Lassalle, Jacques Cheminade et François Asselineau, ont un programme pour l’égalité femmes-hommes.

De cette enquête, nous relevons globalement une convergence des programmes et des équipes pour la lutte contre les violences faites contre les femmes et pour l’application concrète de l’égalité salariale.

Les points de clivage les plus importants relèvent de la laïcité, du partage des temps de vie (congé parental) et de la santé des femmes (IVG).

 

Le candidat qui a le programme le plus complet, à savoir, transversal sur toutes les questions liées à l’égalité femmes-hommes est Jean-Luc Mélenchon. Les candidats Emmanuel Macron et Benoit Hamon ont également une approche transversale sur le sujet, bien que moins complète que celle de Jean-Luc Mélenchon.

François Fillon et Marine Le Pen ont des points de convergence sur les mères isolées et la santé des femmes.

Nicolas Dupont-Aignan, bien que classé à droite, se révèle être un candidat qui s’intéresse aux droits des femmes avec un programme presque complet, bien que peu profond.
Version mobile du rapport

[REPLAY] : Conférence Cybersexisme : Comprendre & Agir

Cybersexisme Conférence

Retrouvez ci-dessous le replay de la conférence organisée par Politiqu’elles sur le thème du Cybersexisme avec l’intervention (dans l’ordre) de :

    • Aurélie LATOURES du Centre Hubertine Auclert,

    • Laure SALMONA du COLLECTIF FÉMINISTES CONTRE LE CYBERHARCÈLEMENT,

  • Fatima EL OUASDI, Présidente-fondatrice de Politiqu’elles

 

La vidéo:

 

[Conférence] Cybersexisme : Comprendre et Agir

CYBERSEXISMECOMPRENDRE & AGIR (1)

 

Politiqu’elles organise une conférence exceptionnelle sur l’émergence du cybersexisme comme nouvelle forme de violence faite contre les femmes.

Pour décrypter le phénomène, comprendre ses origines et agir contre cette forme de violence qui tue les femmes, nous recevons pour une table ronde :

– Laure SALMONA du COLLECTIF FÉMINISTES CONTRE LE CYBERHARCÈLEMENT. Elle présentera le collectif, ses actions et du cyberféminisme entre autres.
– Aurélie LATOURES du Centre Hubertine Auclert. Elle présentera l’association, l’enquête faite par le Centre Hubertine Auclert sur la thématique et les campagnes de sensibilisation entre autres.
– Fatima EL OUASDI, présidente de Politiqu’elles. Elle reviendra sur les méthodes d‘action sur les réseaux sociaux, notamment celle de janvier 2016, à la suite de laquelle, deux jeunes ont été interpellés pour avoir diffusé des images de viol sur Snapchat.

L’inscription est OBLIGATOIRE (DEUX BILLETERIES DIFFÉRENTES):

– PUBLIC ÉTUDIANT À SCIENCES PO (inscription sera confirmée par retour de mail) : https://www.helloasso.com/associations/politiqu-elles/evenements/conference-exceptionnelle-cybersexisme-comprendre-et-agir-2

– PUBLIC NON-ÉTUDIANT À SCIENCES PO (nombre limité de places – faites vite et inscrivez vous uniquement si vous êtes certain-e de pouvoir venir svp) : https://www.helloasso.com/associations/politiqu-elles/evenements/conference-exceptionnelle-cybersexisme-comprendre-et-agir

Politiqu’elles a saisi le CSA à la suite du passage de Catherine Deneuve dans Quotidien pour défendre Roman Polanski

Catherine Deneuve dans Quotidien

Politiqu’elles a saisi le CSA à la suite des propos suivants de Catherine Deneuve tenus jeudi 16 mars sur TMC dans l’émission Quotidien qui font l’apologie de la culture du viol et laissent entendre que Roman Poloski n’a pas violé Samantha Geimer, viol qu’il a avoué :

« Il y a eu des accords entre Roman Polanski et cette femme »
« C’est incroyable que ce soit des femmes, les femmes en général, qui viennent redonner un coup de marteau sur la porte pour le faire sortir »
« je ne comprends pas [que ça puisse choquer des féministes]. Je ne suis pas d’accord avec toutes ces féministes. C’est vraiment abusif »
« C’est une jeune fille qui avait été amenée chez Roman par sa mère, qui ne faisait pas son âge de toute façon. Imaginer qu’une fille de treize ans puisse faire quinze ou seize ans, il n’a pas demandé sa carte de visite. Il a toujours aimé les jeunes femmes. J’ai trouvé que le mot de viol avait été excessif »

Ces propos tenus à une heure de grande écoute nous rappellent que la culture du viol est toujours présente en France. Si la fille est violée, c’est forcément de sa faute, elle ne faisait pas son âge, et ça donnait le droit à « l’homme qui aime les jeunes femmes » de la droguer et de la violer.
Les journalistes doivent être vigilants en posant ces questions et en contredisant les personnes qui minimisent le viol qu’a commis Roman Polanski. Nous regrettons que Yann Barthès, pourtant parfois très incisif, n’ait pas davantage confronté Catherine Deneuve à la gravité des propos qu’elle a tenus.
Nous invitons les personnes qui ont été choquées par les propos à saisir le CSA pour qu’une enquête puisse être menée et des sanctions prises.

Le cycle de formations Femmes d’Avenir labellisé « Sexisme Pas Notre Genre »

Muriel de Saint-Sauveur - Femmes d'Avenir

Le cycle de formations Femmes d’Avenir lancé cette année par Politiqu’elles a été labellisé Sexisme Pas Notre Genre par le Ministère des Droits des femmes.

Femmes d’Avenir c’est former la future génération de femmes leader en répondant à un double objectif :

1. Favoriser l’insertion professionnelle d’étudiantes en fin de cycle universitaire par le renforcement de compétences ciblées par les recruteurs
2. Diminuer l’autocensure des jeunes diplômées sur le marché du travail et dans la vie politique

Une vingtaine de jeunes étudiantes en Master au sein des universités parisiennes ont été sélectionnées pour leur motivation et leur potentiel. Elles se retrouveront un lundi sur deux pour rencontrer des professionnels intervenant sur des thèmes variés : leadership, prise de parole en public, gestion d’équipe, négociation salariale, networking, etc. Ce cycle est aussi l’occasion pour les participantes d’apprendre les unes des autres et de développer leur réseau au sein d’un groupe de jeunes femmes partageant des ambitions et intérêts communs.

 

[Photos] : Revivez en images la journée d’actions du 8 mars

Femmes politiques, vêtements et pouvoir

Politiqu’elles a organisé une journée nationale d’action pour le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes.

Paris

8 mars

  • « Speedexperting » à Radio France à l’occasion de la publication du nouveau site Les Expertes en présence du président de Radio France, Mathieu Gallet, de la présidente du Groupe Egaé, Caroline de Haas, avec la participation de Fatima El Ouasdi, présidente-fondatrice de Politiqu’elles à l’une des tables rondes d’expertes

 

 

  • Serment de Paris avec François Hollande

  • Conférence – Femmes politiques, vêtements et pouvoir

Femmes politiques, vêtements et pouvoir

Trois intervenants ont été invités par Politiqu’elles :

– Elizabeth Pineau, co-auteure du livre Le Vestiaire du Politique paru en 2016 avec Gaëtane Morin.

– Marie Beauchesne, la fondatrice d’Ypsylone, une ligne de vêtements féministe, dont les collections sont mensuelles et inspirées de femmes comme vous et nous. Le but, mettre en valeur des histoires plutôt que des physiques et créer des vêtements qui nous ressemblent.

– Gilles Attaf, PDG de Smuggler, dernier costumier de fabrication 100% française.

 

9 mars 

 

Point d’orgue de la campagne Sexisme Pas Notre Genre du Ministère des droits des femmes

La formation Femmes d’Avenir organisée par Politiqu’elles a été labellisée « Sexisme Pas Notre Genre » par le Ministère des droits des femmes

 

Dijon

8 mars

Le groupe local Politiqu’elles – Dijon a organisé un atelier photos avec les gens du campus. Au total, une cinquantaine de personnes se sont prises en photo.

 

Reims

8 mars

 Rue Théodore Dubois à Reims, le groupe local rémois de Politiqu’elles s’est associé avec l’association La Salle d’attente pour un collage éphémère célébrant les femmes.

Le Pouvoir en Partage à Reims

Fin mars – Semaine de l’égalité 

Pendant toute la semaine, les associations pour l’égalité femmes-hommes du campus rémois de Sciences Po organise des conférences, des worshops, des screenings, des discussions…

Nancy 

8 Mars

Exposition d’une galerie de portraits de personnes modèles ou oeuvrant pour l’égalité femmes-hommes par le groupe local Nancy de Politiqu’elles

Kristalina Georgieva, femme politique bulgare et Directrice de la Banque mondiale

Kristalina GEORGIEVA est née le 13 août 1953 à Sofia, en Bulgarie. Son père est le petit-fils du révolutionnaire et politicien bulgare Ivan KARSHOVSKI. Ella a terminé ses études supérieures en 1976 à l’Université d’économie nationale et mondiale. Un an plus tard, elle a commencé une carrière scientifique à l’Université d’économie nationale et mondiale, où elle s’élève au niveau de Professeur associé. Elle rend visite aux Départements d’économie à l’Université d’économie à Londres, ainsi qu’à l’Université du Pacifique Sud à Fidji et l’Université national australien où elle fait des cours sur les économies en transition, ce en quoi elle a de l’expérience car l’économie en Bulgarie, elle-même, peut être caractérisée comme en période de transition. Plus tard, elle spécialise dans le domaine des finances corporatives à l’Institut technologique de Massachusetts et à l’Ecole des affaires de Harvard suivant le Programme d’enseignement pour des cadres de la Banque mondiale, où elle a commencé à travailler en 1993.

Elle a débuté sa carrière politique en 1993 à la Banque mondiale. De l’an 2000 à 2004, elle a été la Responsable du Département de développement durable à la Banque mondiale. De 2004 à 2007 elle a été la Responsable du Département pour la Russie, et depuis le mois de mars 2008, elle est le vice-président de la Banque mondiale sur les questions liées au développement durable. En 2010 elle a été nommée en tant que Commissaire européen à la Commission Barroso II, et lui-même, il définit Kristalina GEORGIEVA en tant qu’une candidate experte avec des connaissances approfondies et de l’expérience en matière de coopération internationale, d’aide humanitaire, de réaction en cas de crises, et que par ses qualités elle contribuera de manière significative dans son travail en tant que Commissaire européen. De 2014 à 2016 Kristalina GEORGIEVA occupe le poste de Vice-président responsable du budget et des ressources humaines de la Commission européenne dirigée par le Président Jean-Claude Juncker. Et le 28 Octobre 2016, le Banque mondiale a annoncé que Kristalina GEORGIEVA va commencer à travailler dans la banque en tant que Directeur exécutif principal à partir du 2 Janvier 2017.

Kristalina GEORGIEVA est audacieuse, entreprenante et persévérante, et dans le journal Deutsche Welle on la définit en tant qu’une femme d’action. Elle est la première femme bulgare ayant gagné un tel respect et une telle reconnaissance mondiaux. Tout au long de sa carrière politique, elle lutte aussi pour l’affirmation du rôle des femmes en politique, et pendant la période pendant laquelle elle travaille à l’Union européenne, elle a doublé le nombre de femmes à des postes élevés. Elle aide aussi par une forte activité humanitaire la multitude de personnes blessées après le tremblement de terre à Haïti. Elle coordonne également la réaction européenne au fort tremblement de terre au Chili et aux inondations au Pakistan, en visitant les régions touchées. GEORGIEVA se rend souvent à Sahel pour prendre connaissance des besoins des gens qui sont causés par le problème à long terme de la nutrition de la population, et aussi à Darfour et au Kirghizistan pour attirer l’attention sur les conflits là-bas. Pour toute la période en tant que Commissaire européen elle aide plus de 500 millions d’enfants, de femmes et d’hommes touchés. En octobre 2010 Kristalina GEORGIEVA a remporté le prix « Commissaire européen de l’année“ au concours organisé par le journal « European Voice ». Et le 30 novembre de la même année elle est aussi déclarée « Européen de l’année ».

Elena Blagova

[Conférence]: Femmes politiques, Vêtements & Pouvoir

Femmes politiques et pouvoir

Politiqu’elles vous propose pour la journée des Droits des femmes, le 8 mars, une réflexion autour des femmes politiques et de leur rapport au vêtement :

Certes l’habit ne fait pas le moine mais il y contribue. Les femmes politiques n’échappent pas à la règle. Pour les hommes, le classique costume/crave est de sorti. En revanche, le rapport des femmes aux vêtements est plus délicat. Mise sous le feu des projecteur, les femmes politiques doit à la fois séduire, convaincre et montrer leurs compétences. Jolie mais pas trop, séduisante mais pas trop. Bref, le look pour les femmes politiques relève d’un véritable défi et la mode est tout sauf un sujet futile et léger.
Loin d’être esclaves de la mode, les femmes de pouvoir utilisent leurs choix vestimentaires comme instruments de leur puissance. Pendant très longtemps, l’habillement a été associé à la domination masculine. Aujourd’hui, le vêtement constitue pour elles une façon de s’exprimer. Elles imposent leur style et participent à l’émancipation féminine, sans pour autant renoncer au pouvoir. En passant de Jeanne d’Arc et son armure masculine aux robes imprimées de Michelle Obama, en passant par les corsets de Marie-Antoinette et le tailleur de Margaret Thatcher, l’habit véhicule un message politique. Beaucoup d’entre elles l’utilisent pour se distinguer.

Comment le vêtement est devenu un outil de la puissance féminine ? Dans quelle mesure la mode sert (ou bien dessert) – elle les femmes de pouvoir ? Comment s’en sont-elles appropriées ? A quoi ressemble le dressing du pouvoir ?

Pour répondre à ces questions, Politiqu’elles et Sciences Po Mode a convié 3 intervenants :

– Elizabeth Pineau, co-auteure du livre Le Vestiaire du Politique paru en 2016 avec Gaëtane Morin. Elles se sont penchées sur le dressing des représentants de la République française, hommes et femmes confondus. Surtout, elles ont demandé à des élus de premier plan, de droite comme de gauche, de dévoiler leur rapport au vêtement. Elles ont recueilli les confidences exclusives du président de la République, François Hollande, et celles de personnalités qui s’expriment pour la première fois sur ce sujet (Valérie Pécresse, Aurélie Filippetti, Anne Hidalgo, Michèle Alliot-Marie…)

– Marie Beauschene, la co-fondatrice d’Ypsylone, une ligne de vêtements féministe, dont les collections sont mensuelles et inspirées de femmes comme vous et nous. Le but, mettre en valeur des histoires plutôt que des physiques et créer des vêtements qui nous ressemblent.

– Gilles Attaf, PDG de Smuggler, dernier costumier de fabrication 100% française.

Compte-rendu – Intervention de Madame Anne Lise Rodier

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Le jeudi 9 Février le Campus de Dijon a eu l’honneur d’accueillir Mme Anne Lise Rhodier qui est intervenue sur le sujet suivant : Favoriser la place des femmes dans la vie économique.

C’est un sujet complexe, où il faut prendre le temps de comprendre les facteurs qui contribuent à la place des femmes dans la vie économique tels que : les organes de la société, le travail, la cellule familiale… Mais tout d’abord, Mme Rodier nous livre quelques chiffres, tous tirés des études de Women Matter Mc Kinsey. En 2016, au sein des instances dirigeantes des grandes entreprises, seules 32% des femmes sont présentes dans les conseils d’administration (mais contre 12% en 2013), et dans les postes de direction elles ne sont que 17%. Pourquoi donc un tel écart ? Et que signifie cette évolution ? Mme Rodier nous démontre alors que ceci s’explique par la loi Copé-Zimmerman, qui vise à garantir la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance, avec un objectif de 40% de chaque genre pour 2017. Même si des nouvelles nominations ont été faites, un point noir subsiste : sans organe de surveillance, sans sensibilisation ni d’amendes financières, comment garantir que cette évolution va perdurer et évoluer positivement (étant donné que l’objectif n’est pas atteint) ?

Concernant la part des femmes dans la création d’entreprises et l’entreprenariat, elles ne sont que 28% à se lancer, tout en étant fortement spécialisées dans certains domaines (services aux ménages et l’action sociale), contre seulement 8% dans le secteur de l’innovation (le plus porteur et le plus rémunérateur).

Cette faible mixité se retrouve également dans les filières et les métiers, où par exemple en 2014 les filles représentent 84% des étudiants en écoles paramédicales et sociales, et 27% des étudiants ingénieurs. Il s’ensuit alors une ségrégation professionnelle avec 97% de secrétaires et d’aides à domiciles, 2,1% d’ouvrières qualifiées.

Mme Rodier insiste alors sur l’écart salarial, qui est de 25% dans le secteur privée et de 20% dans le secteur public, tous deux ramenés à temps plein. 10% de ce chiffre peut être expliqué par l’orientation, les ruptures de carrière (maternité, congés parentaux), temps partiels ; mais le reste est inexpliqué et totalement injuste. D’autant plus, dû à une forte confiance dans le système par leur éducation, en moyenne les femmes négocient moins leurs salaires que les hommes, ce qui joue sur l’ensemble de leur carrière.

La part des femmes est également minimale dans les médias et les conférences, ce que met en avant le magazine Femmes d’ici ou d’ailleurs. De plus, le peu de fois où les femmes sont présentes, elles sont sur-représentées dans les rôles féminins de : victime, femme politique, mère, épouse, fashionista.

Pourquoi est-il nécessaire de changer les choses nous questionne Mr Rodier ? Plusieurs explications semblent nécessaires. Tout d’abord, l’égalité est une question de justice, de principe constitutionnel à respecter. De plus, il existe une corrélation entre la mixité au sein des instances dirigeantes et la performance des entreprises selon les études de Mc Kinsey. Enfin, il existe un cercle vertueux autour des rôles modèles. Les femmes portent un double fardeau : le poids mental de l’organisation de la famille, et le performance model au travail. Il faut alors s’attaquer aux causes qui sont : la discrimination, les représentations, les choix d’orientation… Des politiques en faveur de l’égalité se mettent peu à peu en place, avec des règlements/sanctions, les organisations de travail dans les entreprises évoluent pour concilier vie personnelle et vie professionnelle. Au niveau de la sensibilisation ou des travaux sur la représentation, d’autres mesures plus discrètes existent telles que la féminisation des noms des postes.

Pour illustrer son point que beaucoup d’efforts sont faits pour améliorer la situation, Madame Rodier finit par nous donner l’exemple de deux projets particulièrement importants dans lesquels elle est investie. Le réseau féminin REF présent sur 18 antennes en Rhône Alpes et Bourgogne Franche Comté promeut la représentation des femmes dans la vie économique et le travail en partenariat avec le réseau 100 000 entrepreneurs. Le but est de développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes en allant dans les classes, en racontant son expérience. Plus de 12 000 élèves ont déjà assisté à ces interventions. Une semaine de sensibilisation des jeunes à l’entreprenariat féminin est organisée chaque année en partenariat avec le Ministère du Droit des Femmes.

Solène Vanderspeeten

Photos: Viktor Novel

Mary Wollstonecraft, féministe anglaise

Portrait par John Opie (v. 1797)

Mary Wollstonecraft, née en 1759 à Londres et décédée en 1797, est un écrivain anglais et une féministe défenseure de l’égalité sociale et en matière d’éducation pour les femmes. Fille d’agriculteur, elle a été enseignante à l’école et gouvernante, ce qui a inspiré son travail de 1787 Thoughts on the Education of Daughters. Ses pensées se développent progressivement vers l’étude du rôle de la femme dans la société. En 1792, elle publie A Vindication of the Rights of Woman, où elle stresse l’importance de l’égalité d’éducation entre les hommes et les femmes. Mary accuse le système éducatif de son époque de former délibérément les femmes d’être frivoles et incompétentes. Elle défend, donc, le droit des femmes à se développer intellectuellement sans être limitées par le mariage. L’écrivain souligne que l’amélioration de la formation des femmes leur permettrait d’être meilleures mères, épouses mais elles seraient aussi capables d’avoir un emploi, ce qui serait au bénéfice de toute la société. Il s’agit d’un des premiers travaux en philosophie féministe. Les idées de Mary sont directement inspirées par son caractère de femme qui ne croyait pas au mariage et insistait à exprimer sa liberté de choix de partenaire dans la vie, comme elle a fait en tombant amoureuse de l’Américain Gilbert Imlay à Paris lors de la Révolution française et en ayant une fille de lui sans qu’ils se soient mariés. Donc, même dans sa vie privée, cette femme mettait une priorité sur l’égalité entre les genres et la liberté de choisir de ne pas être enfermé par les lois du mariage qui privaient les femmes de tout droit à la défense des violences de leurs maris, à la propriété, à l’héritage, à l’éducation et à tenir des emplois.

Journaliste expérimentée et philosophe politique, Mary Wollstonecraft défendait l’intégrité de l’esprit et du cœur et dénonçait le matérialisme et le carriérisme de la Révolution industrielle. Sa dernière œuvre, qui n’est pas finie parce qu’elle est décédée peu après la naissance de sa deuxième fille Mary, le futur auteur de Frankenstein et femme de Percy Shelley, est The Wrongs of Woman. Elle décrit le désespoir d’une femme trahie par l’homme en soulignant la culpabilité de la société qui a maintenu le déséquilibre entre les hommes et les femmes pendant si longtemps.

Même si ses œuvres n’ont pas provoqué de changement radical de pensée ou des réformes immédiates, à partir des années 1840s, les mouvements féministes américains et européens ont été directement inspirés par les principes fondamentaux démontrés dans A Vindication of the Rights of Woman. Plus particulièrement, les travaux de Wollstonecraft sont une source d’inspiration pour les pionnières américaines dans le combat pour les droits des femmes Elizabeth Cady Stanton et Margaret Fuller. L’intérêt pour sa pensée persiste pendant le XXe siècle.

Ivelina Petrova