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Kristalina Georgieva, femme politique bulgare et Directrice de la Banque mondiale

Kristalina GEORGIEVA est née le 13 août 1953 à Sofia, en Bulgarie. Son père est le petit-fils du révolutionnaire et politicien bulgare Ivan KARSHOVSKI. Ella a terminé ses études supérieures en 1976 à l’Université d’économie nationale et mondiale. Un an plus tard, elle a commencé une carrière scientifique à l’Université d’économie nationale et mondiale, où elle s’élève au niveau de Professeur associé. Elle rend visite aux Départements d’économie à l’Université d’économie à Londres, ainsi qu’à l’Université du Pacifique Sud à Fidji et l’Université national australien où elle fait des cours sur les économies en transition, ce en quoi elle a de l’expérience car l’économie en Bulgarie, elle-même, peut être caractérisée comme en période de transition. Plus tard, elle spécialise dans le domaine des finances corporatives à l’Institut technologique de Massachusetts et à l’Ecole des affaires de Harvard suivant le Programme d’enseignement pour des cadres de la Banque mondiale, où elle a commencé à travailler en 1993.

Elle a débuté sa carrière politique en 1993 à la Banque mondiale. De l’an 2000 à 2004, elle a été la Responsable du Département de développement durable à la Banque mondiale. De 2004 à 2007 elle a été la Responsable du Département pour la Russie, et depuis le mois de mars 2008, elle est le vice-président de la Banque mondiale sur les questions liées au développement durable. En 2010 elle a été nommée en tant que Commissaire européen à la Commission Barroso II, et lui-même, il définit Kristalina GEORGIEVA en tant qu’une candidate experte avec des connaissances approfondies et de l’expérience en matière de coopération internationale, d’aide humanitaire, de réaction en cas de crises, et que par ses qualités elle contribuera de manière significative dans son travail en tant que Commissaire européen. De 2014 à 2016 Kristalina GEORGIEVA occupe le poste de Vice-président responsable du budget et des ressources humaines de la Commission européenne dirigée par le Président Jean-Claude Juncker. Et le 28 Octobre 2016, le Banque mondiale a annoncé que Kristalina GEORGIEVA va commencer à travailler dans la banque en tant que Directeur exécutif principal à partir du 2 Janvier 2017.

Kristalina GEORGIEVA est audacieuse, entreprenante et persévérante, et dans le journal Deutsche Welle on la définit en tant qu’une femme d’action. Elle est la première femme bulgare ayant gagné un tel respect et une telle reconnaissance mondiaux. Tout au long de sa carrière politique, elle lutte aussi pour l’affirmation du rôle des femmes en politique, et pendant la période pendant laquelle elle travaille à l’Union européenne, elle a doublé le nombre de femmes à des postes élevés. Elle aide aussi par une forte activité humanitaire la multitude de personnes blessées après le tremblement de terre à Haïti. Elle coordonne également la réaction européenne au fort tremblement de terre au Chili et aux inondations au Pakistan, en visitant les régions touchées. GEORGIEVA se rend souvent à Sahel pour prendre connaissance des besoins des gens qui sont causés par le problème à long terme de la nutrition de la population, et aussi à Darfour et au Kirghizistan pour attirer l’attention sur les conflits là-bas. Pour toute la période en tant que Commissaire européen elle aide plus de 500 millions d’enfants, de femmes et d’hommes touchés. En octobre 2010 Kristalina GEORGIEVA a remporté le prix « Commissaire européen de l’année“ au concours organisé par le journal « European Voice ». Et le 30 novembre de la même année elle est aussi déclarée « Européen de l’année ».

Elena Blagova

[Conférence]: Femmes politiques, Vêtements & Pouvoir

Femmes politiques et pouvoir

Politiqu’elles vous propose pour la journée des Droits des femmes, le 8 mars, une réflexion autour des femmes politiques et de leur rapport au vêtement :

Certes l’habit ne fait pas le moine mais il y contribue. Les femmes politiques n’échappent pas à la règle. Pour les hommes, le classique costume/crave est de sorti. En revanche, le rapport des femmes aux vêtements est plus délicat. Mise sous le feu des projecteur, les femmes politiques doit à la fois séduire, convaincre et montrer leurs compétences. Jolie mais pas trop, séduisante mais pas trop. Bref, le look pour les femmes politiques relève d’un véritable défi et la mode est tout sauf un sujet futile et léger.
Loin d’être esclaves de la mode, les femmes de pouvoir utilisent leurs choix vestimentaires comme instruments de leur puissance. Pendant très longtemps, l’habillement a été associé à la domination masculine. Aujourd’hui, le vêtement constitue pour elles une façon de s’exprimer. Elles imposent leur style et participent à l’émancipation féminine, sans pour autant renoncer au pouvoir. En passant de Jeanne d’Arc et son armure masculine aux robes imprimées de Michelle Obama, en passant par les corsets de Marie-Antoinette et le tailleur de Margaret Thatcher, l’habit véhicule un message politique. Beaucoup d’entre elles l’utilisent pour se distinguer.

Comment le vêtement est devenu un outil de la puissance féminine ? Dans quelle mesure la mode sert (ou bien dessert) – elle les femmes de pouvoir ? Comment s’en sont-elles appropriées ? A quoi ressemble le dressing du pouvoir ?

Pour répondre à ces questions, Politiqu’elles et Sciences Po Mode a convié 3 intervenants :

– Elizabeth Pineau, co-auteure du livre Le Vestiaire du Politique paru en 2016 avec Gaëtane Morin. Elles se sont penchées sur le dressing des représentants de la République française, hommes et femmes confondus. Surtout, elles ont demandé à des élus de premier plan, de droite comme de gauche, de dévoiler leur rapport au vêtement. Elles ont recueilli les confidences exclusives du président de la République, François Hollande, et celles de personnalités qui s’expriment pour la première fois sur ce sujet (Valérie Pécresse, Aurélie Filippetti, Anne Hidalgo, Michèle Alliot-Marie…)

– Marie Beauschene, la co-fondatrice d’Ypsylone, une ligne de vêtements féministe, dont les collections sont mensuelles et inspirées de femmes comme vous et nous. Le but, mettre en valeur des histoires plutôt que des physiques et créer des vêtements qui nous ressemblent.

– Gilles Attaf, PDG de Smuggler, dernier costumier de fabrication 100% française.

Compte-rendu – Intervention de Madame Anne Lise Rodier

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Le jeudi 9 Février le Campus de Dijon a eu l’honneur d’accueillir Mme Anne Lise Rhodier qui est intervenue sur le sujet suivant : Favoriser la place des femmes dans la vie économique.

C’est un sujet complexe, où il faut prendre le temps de comprendre les facteurs qui contribuent à la place des femmes dans la vie économique tels que : les organes de la société, le travail, la cellule familiale… Mais tout d’abord, Mme Rodier nous livre quelques chiffres, tous tirés des études de Women Matter Mc Kinsey. En 2016, au sein des instances dirigeantes des grandes entreprises, seules 32% des femmes sont présentes dans les conseils d’administration (mais contre 12% en 2013), et dans les postes de direction elles ne sont que 17%. Pourquoi donc un tel écart ? Et que signifie cette évolution ? Mme Rodier nous démontre alors que ceci s’explique par la loi Copé-Zimmerman, qui vise à garantir la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance, avec un objectif de 40% de chaque genre pour 2017. Même si des nouvelles nominations ont été faites, un point noir subsiste : sans organe de surveillance, sans sensibilisation ni d’amendes financières, comment garantir que cette évolution va perdurer et évoluer positivement (étant donné que l’objectif n’est pas atteint) ?

Concernant la part des femmes dans la création d’entreprises et l’entreprenariat, elles ne sont que 28% à se lancer, tout en étant fortement spécialisées dans certains domaines (services aux ménages et l’action sociale), contre seulement 8% dans le secteur de l’innovation (le plus porteur et le plus rémunérateur).

Cette faible mixité se retrouve également dans les filières et les métiers, où par exemple en 2014 les filles représentent 84% des étudiants en écoles paramédicales et sociales, et 27% des étudiants ingénieurs. Il s’ensuit alors une ségrégation professionnelle avec 97% de secrétaires et d’aides à domiciles, 2,1% d’ouvrières qualifiées.

Mme Rodier insiste alors sur l’écart salarial, qui est de 25% dans le secteur privée et de 20% dans le secteur public, tous deux ramenés à temps plein. 10% de ce chiffre peut être expliqué par l’orientation, les ruptures de carrière (maternité, congés parentaux), temps partiels ; mais le reste est inexpliqué et totalement injuste. D’autant plus, dû à une forte confiance dans le système par leur éducation, en moyenne les femmes négocient moins leurs salaires que les hommes, ce qui joue sur l’ensemble de leur carrière.

La part des femmes est également minimale dans les médias et les conférences, ce que met en avant le magazine Femmes d’ici ou d’ailleurs. De plus, le peu de fois où les femmes sont présentes, elles sont sur-représentées dans les rôles féminins de : victime, femme politique, mère, épouse, fashionista.

Pourquoi est-il nécessaire de changer les choses nous questionne Mr Rodier ? Plusieurs explications semblent nécessaires. Tout d’abord, l’égalité est une question de justice, de principe constitutionnel à respecter. De plus, il existe une corrélation entre la mixité au sein des instances dirigeantes et la performance des entreprises selon les études de Mc Kinsey. Enfin, il existe un cercle vertueux autour des rôles modèles. Les femmes portent un double fardeau : le poids mental de l’organisation de la famille, et le performance model au travail. Il faut alors s’attaquer aux causes qui sont : la discrimination, les représentations, les choix d’orientation… Des politiques en faveur de l’égalité se mettent peu à peu en place, avec des règlements/sanctions, les organisations de travail dans les entreprises évoluent pour concilier vie personnelle et vie professionnelle. Au niveau de la sensibilisation ou des travaux sur la représentation, d’autres mesures plus discrètes existent telles que la féminisation des noms des postes.

Pour illustrer son point que beaucoup d’efforts sont faits pour améliorer la situation, Madame Rodier finit par nous donner l’exemple de deux projets particulièrement importants dans lesquels elle est investie. Le réseau féminin REF présent sur 18 antennes en Rhône Alpes et Bourgogne Franche Comté promeut la représentation des femmes dans la vie économique et le travail en partenariat avec le réseau 100 000 entrepreneurs. Le but est de développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes en allant dans les classes, en racontant son expérience. Plus de 12 000 élèves ont déjà assisté à ces interventions. Une semaine de sensibilisation des jeunes à l’entreprenariat féminin est organisée chaque année en partenariat avec le Ministère du Droit des Femmes.

Solène Vanderspeeten

Photos: Viktor Novel

Mary Wollstonecraft, féministe anglaise

Portrait par John Opie (v. 1797)

Mary Wollstonecraft, née en 1759 à Londres et décédée en 1797, est un écrivain anglais et une féministe défenseure de l’égalité sociale et en matière d’éducation pour les femmes. Fille d’agriculteur, elle a été enseignante à l’école et gouvernante, ce qui a inspiré son travail de 1787 Thoughts on the Education of Daughters. Ses pensées se développent progressivement vers l’étude du rôle de la femme dans la société. En 1792, elle publie A Vindication of the Rights of Woman, où elle stresse l’importance de l’égalité d’éducation entre les hommes et les femmes. Mary accuse le système éducatif de son époque de former délibérément les femmes d’être frivoles et incompétentes. Elle défend, donc, le droit des femmes à se développer intellectuellement sans être limitées par le mariage. L’écrivain souligne que l’amélioration de la formation des femmes leur permettrait d’être meilleures mères, épouses mais elles seraient aussi capables d’avoir un emploi, ce qui serait au bénéfice de toute la société. Il s’agit d’un des premiers travaux en philosophie féministe. Les idées de Mary sont directement inspirées par son caractère de femme qui ne croyait pas au mariage et insistait à exprimer sa liberté de choix de partenaire dans la vie, comme elle a fait en tombant amoureuse de l’Américain Gilbert Imlay à Paris lors de la Révolution française et en ayant une fille de lui sans qu’ils se soient mariés. Donc, même dans sa vie privée, cette femme mettait une priorité sur l’égalité entre les genres et la liberté de choisir de ne pas être enfermé par les lois du mariage qui privaient les femmes de tout droit à la défense des violences de leurs maris, à la propriété, à l’héritage, à l’éducation et à tenir des emplois.

Journaliste expérimentée et philosophe politique, Mary Wollstonecraft défendait l’intégrité de l’esprit et du cœur et dénonçait le matérialisme et le carriérisme de la Révolution industrielle. Sa dernière œuvre, qui n’est pas finie parce qu’elle est décédée peu après la naissance de sa deuxième fille Mary, le futur auteur de Frankenstein et femme de Percy Shelley, est The Wrongs of Woman. Elle décrit le désespoir d’une femme trahie par l’homme en soulignant la culpabilité de la société qui a maintenu le déséquilibre entre les hommes et les femmes pendant si longtemps.

Même si ses œuvres n’ont pas provoqué de changement radical de pensée ou des réformes immédiates, à partir des années 1840s, les mouvements féministes américains et européens ont été directement inspirés par les principes fondamentaux démontrés dans A Vindication of the Rights of Woman. Plus particulièrement, les travaux de Wollstonecraft sont une source d’inspiration pour les pionnières américaines dans le combat pour les droits des femmes Elizabeth Cady Stanton et Margaret Fuller. L’intérêt pour sa pensée persiste pendant le XXe siècle.

Ivelina Petrova

Compte-rendu – Intervention de Laurel Henning, co-fondatrice de @EUPanelWatch

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Ce jeudi 26 janvier le Campus de Dijon a eu l’honneur d’accueillir Mme Laurel Henning qui est intervenue sur le sujet suivant : How a twitter campagn is trying to change the face of conferences in Brussels ?

Co-fondatrice du projet EU Panel Watch implanté à Bruxelles, elle a cependant fait ses études sur secteur de l’énergie dans l’UE et nous rappelle que son activité principale reste celle de journaliste spécialiste de l’énergie pour MLex (média indépendant, destiné aux professionnels, spécialiste des risques liés à la réglementation).

Frustrée devant le manque de diversité dans les débats bruxellois, elle monte cette campagne pour montrer au public cette inégalité de genre entre les intervenants dans cette capitale de l’Union Européenne. Elle insiste non seulement sur le manque de diversité des genres, mais aussi de l’âge, de la couleur de peau…  Les femmes ont les mêmes droits que les hommes, de vote, de choisir, de travailler librement, alors pourquoi sont-elles moins présentes sur la scène bruxelloise ? Sans compter les moderateurs, les femmes sont largement sous-représentées aux divers forums à Bruxelles.

Les standards d’aujourd’hui acceptés par tous ont besoin d’évoluer, il faut améliorer la représentation des femmes qui sont sous-représentées. Elle tente de nous faire comprendre cela à travers une image : « A quoi pensez-vous quand on vous parle de pouvoir, de force ? Tout de suite une image de super-héros vient à l’esprit, mais c’est toujours l’image d’un male à laquelle on pense. Une image vaut 1000 mots. »

Qui doit s’occuper des enfants, fonder une famille, faire le ménage ? Toujours les femmes ! Comment s’élever dans sa carrière quand on veut avoir des enfants ?

Améliorer ces standards peut passer par les nouvelles technologies, comme elle essaye de le faire ce projet à travers Twitter. Elle nous explique que cette idée vient d’un dîner, entre femmes. Le vin aidant, elles ont alors échafaudé ce projet qui semblait un peu fou avec la norvégienne Marika Andersen. Fin Janvier 2015, elles montent le groupe EU Panel Watch (surveillance des panels) qui a pour objectif de veiller au respect de la diversité dans les évènements bruxellois. Pour cela, elles créent un compte Twitter où elles exposent leurs idées. Au bout d’une semaine elles ont 100 followers et, aujourd’hui, il sont 1 444. Le principe d’EU Panel Watch est simple : aller dans des conférences, prendre des photos des intervenants puis les tweeter. Bien sûr faire du bruit est important mais il faut aussi des preuves et les photos ne semblent parfois pas suffisantes. Elle accompagne alors ses photos d’une petite légende. Par exemple le 14 Décembre 2016 pour accompagner une photo de 6 hommes elle publie : « #epc_eu asks if EU is on right track energy efficiency. Perhaps…but on achieving diverse debate the answer is sadly no…»

Pourtant, elle ne se permettrait jamais d’interpeller les intervenants en public sur ce manque de diversité des genres : « Je n’ai jamais pris le micro pendant un événement et fait part de ce que j’avais sur le cœur. Mon but n’est pas d’embarrasser les participants, cela ne serait pas positif. » Son but est bien de débattre, d’en parler, le meilleur moyen pour faire évoluer les opinions selon elle. Elle nous confie alors qu’une communauté d’internautes s’est constitué afin d’alerter l’équipe d’EU PanelWatch, au grand désarroi de certains bruxellois qui n’hésitent pas à lui dire : « Your twitter account makes my job a nightmare. »

Le mois de Juin est LE mois des conférences sur Bruxelles, et c’est pourquoi avec 20 volontaires elles ont couvert une grande majorité des conférences et ont noté que : sur l’ensemble des interventions dans chacun des secteurs, la part des femmes intervenantes est bien moindre dans celui de l’énergie (11%) contre 14% dans celui de l’emploi et du social.

Mais pleine d’espoir, elle note quand même une évolution. En 2015, sur une rétrospectives de tous les intervenants, il n’y a eu que 321 femmes pour 943 hommes. Alors qu’en 2016 il y a eu 1001 hommes pour 506 femmes.

Ainsi, Laurel Henning passe une grande partie de son temps à militer contre l’homogénéité de Bruxelles, de la « bulle patriarcale » et acquiert peu à peu une certaine notoriété dans les milieux bruxellois. Cela notamment grâce à Ryan Heath, journaliste bruxellois qui a classé Laurel Henning et Marika Andersen à la troisième place des « Femmes qui font Bruxelles » – juste derrière la commissaire Margrethe Vestager et juste avant la nouvelle présidente de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et de l’Association internationale pour le développement, Kristalina Georgieva.

Solène Vanderspeeten

Photos: Viktor Novel

Politiqu’elles lance Femmes d’Avenir, un cycle de formations pour préparer de jeunes étudiantes à leur entrée sur le marché du travail

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Première promotion Femmes d'Avenir

Alors que le plafond de verre est encore une réalité, alors que l’autocensure concerne encore trop de jeunes femmes au moment d’entrer sur le marché du travail et que les inégalités salariales et autres obstacles sont encore bien trop nombreux sur le parcours de femmes carriéristes, Politiqu’elles lance en janvier 2017 son premier cycle de formations Femmes d’Avenir.

Femmes d’Avenir c’est former la future génération de femmes leader en répondant à un double objectif :
1. Favoriser l’insertion professionnelle d’étudiantes en fin de cycle universitaire par le renforcement de compétences ciblées par les recruteurs
2. Diminuer l’autocensure des jeunes diplômées sur le marché du travail et dans la vie politique

Une vingtaine de jeunes étudiantes en Master au sein des universités parisiennes ont été sélectionnées pour leur motivation et leur potentiel. Elles se retrouveront un lundi sur deux pour rencontrer des professionnels intervenant sur des thèmes variés : leadership, prise de parole en public, gestion d’équipe, négociation salariale, networking, etc. Ce cycle est aussi l’occasion pour les participantes d’apprendre les unes des autres et de développer leur réseau au sein d’un groupe de jeunes femmes partageant des ambitions et intérêts communs.

La première rencontre se fera le lundi 31 janvier pour discuter des négociations salariales avec Mme Sandy Beky, Présidente de KyoSei Leadership et fondatrice de Model C®.

Politiqu’elles souhaite voir ce cycle de formations se répéter les années à venir en partenariat avec de nombreux intervenants du monde du travail et voir son groupe alumni s’agrandir de façon à former un véritable réseau de Femmes d’Avenir.

Contact : contact@politiquelles.org

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#FEMMES2017 : Compte-rendu des rencontres pour la primaire de la Belle Alliance Populaire

Rencontre avec Nessrine Menhaouara, responsable de l'égalité femmes-hommes de la campagne d'Arnaud Montebourg

Retrouvez ci-dessous le compte-rendu des rencontres avec quatre des équipes des candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire : Benoit Hamon, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Manuel Valls.

L’analyse des programmes se trouve dans le rapport publié précédemment : #FEMMES2017 : PRIMAIRE DE LA BELLE ALLIANCE POPULAIRE

Version mobile du rapport

Les Femmes qui nous ont quittés en 2016

L’année 2016 qui vient de s’écouler était marquée par la mort de quelques-unes des icônes culturelles – Dawid Bowie, Prince et George Michael mais aussi Harper Lee et Guen Aiful. Le monde a perdu aussi certaines des dames qui ont contribué beaucoup au développement de la science mais aussi de celui de l’humanité elle-même.


Une des dames les plus respectées du Canada, Ursula Franklin – féministe, physicienne, pacifiste et experte de l’impact social des technologies est décédée le 22 juillet à l’âge de 94 ans. Née en Allemagne en 1921, Mme Franklin a survécu à l’Holocauste et a reçu le degré de docteur en physique expérimentale, plus tard elle immigre au Canada. Elle devient un des créateurs d’un nouveau domaine, à savoir l’archéométrie – l’application d’approches scientifiques dans l’analyse des matériaux architecturaux. En tant que militante sociale, Mme Franklin utilise souvent ses connaissances scientifiques et à la fin des années 60 du 20ème siècle, elle insiste à ce que le Canada augmente le financement des études sur l’environnement et celui sur la médecine de prévention au lieu de financer les recherches sur l’armement. Elle dit que «La paix ne signifie pas l’absence de guerre, mais l’absence de peur ». U. Franclin lutte pour les droits des femmes en traduisant en justice son ancien employeur – l’Université de Toronto, disant que l’université paye moins ses enseignantes que les hommes possédant la même formation. Pendant sa vie, Mme Franklin a reçu de nombreux titres et prix, même le titre d’Officier de l’Ordre du Canada.


La docteure Yvette Fay Francis-McBarnette, connue pour ses travaux novateurs dans la lutte contre une sorte d’anémie, la drépanocytose, est décédée le 28 mars à l’âge de 89 ans. Née en Jamaïque, grandie à New York, Francis est la deuxième femme noire à avoir fait des études à la Faculté de Médecine de Yale (Elle a commencé ses études en 1946). À New York elle a été la première à pratiquer le screening et à appliquer des antibiotiques dans le traitement des enfants atteints de drépanocytose, un état dans lequel des cellules de sang « abnormales » falciformes peuvent bloquer le flux sanguin, faire baisser le niveau de l’oxygène dans le sang et entraîner des problèmes de santé assez graves – détérioration des organes et même la mort. En 1993, New England Journal of Medicine confirme l’efficacité des antibiotiques grâce auxquels des milliers ont été guéris.


Vera Rubin est considérée en tant qu’icône dans le domaine de l’astronomie et prétendante du prix Nobel pour son étude dans laquelle elle découvre l’existence de la matière sombre (la matière noire). Pendant toute sa vie, elle a lutté pour l’amélioration de la condition des femmes dans la science en général et plus précisément dans l’astronomie. Vera Rubin, astronome et cosmologue, est décédée le 25 décembre à l’âge de 88 ans, laissant une trace révolutionnaire dans la compréhension de l’Espace. Elle reste un des exemples les plus brillants de femme dans la science, dans la mémoire collective, son nom sera lié à la découverte de la matière obscure.


Ann Caracristi, scientifique américaine, spécialiste de la cryptanalyse, directrice adjointe de l’Agence de Sécurité Nationale des États-Unis, est décédée en janvier à l’âge de 94 ans. En 1975, elle est la première femme à atteindre le grade de GS-18 de l’Agence de Sécurité Nationale, en 1980, elle est la première femme nommée au poste de directeur adjoint de l’Agence. Pendant la même année, elle a reçu un prix de mérites citoyens de la part du Département de la Défense des Etats-Unis. Son nom laisse une trace durable dans les rangs de la sécurité nationale.

Elena Blagova

#Femmes2017 : Primaire de la Belle Alliance Populaire

Rencontre avec Nessrine Menhaouara, responsable de l'égalité femmes-hommes de la campagne d'Arnaud Montebourg

Politiqu’elles publie au soir du troisième débat de la primaire de la Belle Alliance Populaire son rapport d’analyse sur les programmes des candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire – dite primaire de la gauche. Cela fait partie de son projet #Femmes2017, de mettre les femmes au coeur de la campagne présidentielle. Nous avons également regardé la féminisation des équipes de campagne.
Quelques statistiques du rapport : 9000 mots, 32 pages et plusieurs semaines de travail !

Version mobile du rapport

A l’instar du premier rapport sur la primaire de la droite et du centre publié en novembre dernier, nous recensons les propositions publiques des candidats et les analysons. Nous sommes allés à la rencontre des équipes de campagne des candidats à la primaire de la gauche, comme nous l’avions fait pour celle de la droite et du centre. Le compte-rendu de ces rencontres sera disponible ce week-end, avant le premier tour.

Julia Kristeva

«Je suis née dans un pays communiste et je me considère souvent comme une enfant d’une Europe blessée avec le communisme, avec l’exil, avec toutes sortes de choses qu’on subit… dont on porte des stigmates et, en même temps, dont on porte aussi des éléments forts qui nous soutiennent toute la vie. Et, le 8 mars est cette chose positive que j’ai acquise dans mon pays au moment où personne ne parlait du 8 mars. Je me suis rendue compte ultérieurement que l’Europe ne devait accepter cette célébration qu’en 1977, la France en 1982, et, moi, depuis mon enfance, le 8 mars faisait partie des grands moments de ma vie… Cette espèce de reconnaissance de nos qualités était absolument à l’ordre du jour.» définie ses origines Julia Kristeva à l’occasion d’une interview pour l’Humanité en 2014.

Julia Kristeva est une chercheuse franco-bulgare née à Sliven, en Bulgarie en 1941. Elle est psychanalyste, linguiste, philosophe et féministe. Elle arrive en France en 1966 et débute sa carrière universitaire en tant que professeur à l’Université Paris VII – Diderot. Elle enseigne parfois à l’Université de Columbia à New York où elle est professeur de sémiologie comme Umberto Eco et Tzvetan Todorov et à l’Université de Toronto. Elle est aussi la fondatrice du centre Roland Barthes qui regroupe des chercheurs dans le domaine de la théorie de la littérature et des sciences humaines. Depuis 1987, elle est membre de la Société psychanalytique de Paris. Julia Kristeva est aussi très engagée dans la sensibilisation et la responsabilisation de la population aux divers types de handicap et la manière dont il faut soigner ces handicaps. Elle fait partie du Conseil national du handicap.

Julia Kristeva est aussi écrivain et a publié plus d’une trentaine d’ouvrages sur des sujets divers qui incluent aussi le rôle des femmes intellectuelles. Ses ouvrages ont une forte influence sur le développement du féminisme au niveau international à l’époque contemporaine. Son rôle est d’abord dans le domaine théorique car elle divise les trois types principaux de féminisme selon leur origine historique et idéologie dans son article de 1993 appelé Le temps des femmes. Pour cela, Kristeva est considérée être une des théoriciennes principales de l’écriture féminine dans le cadre du féminisme littéraire. Elle consacre sa trilogie Le génie féminin, publiée entre 1999 et 2002, à Hannah Arendt, Mélanie Klein et Colette pour se différencier des théories féministes et souligner que la contribution de chaque approche, de chaque personnage est unique et doit être valorisée.

De plus, soucieuse de la question de l’émancipation des femmes qu’elle trouve directement liée à la reconnaissance d’une liberté fondamentale des femmes, elle a créé le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes en 2008. Dans son interview pour l’Humanité en 2014, elle démontre son soutien pour la cause féministe en disant: «On sait que quand il y a une fragilisation du tissu social, quand il y a des situations de crise… de guerre qui sont un peu partout, c’est les femmes qui portent le gros de la tension. Elles sont victimes, elles sont exposées, même dans les démocraties avancées. La question du féminin à défendre reste toujours prioritaire.» Elle défend, donc, l’égalité entre les hommes et les femmes dans la vie familiale et sur le champ de la politique. Dans ce sens, elle soutient la reconnaissance du droit à l’IVG au niveau mondial qui fait partie du droit des femmes de disposer de leurs corps. Elle considère aussi que le mouvement du Mariage pour tous est une partie intégrale de l’établissement de l’égalité entre les genres.

Julia Kristeva est Docteur honoris causa de plusieurs universités parmi lesquelles est l’université de Harvard. Elle a aussi reçu plusieurs prix et distinctions comme les prix Holberg, Hannah Arendt et Vaclav Havel et elle est Commandeur de l’Ordre du Mérite et Commandeur de la Légion d’Honneur.

Ivelina Petrova