Une brève du Journal du Dimanche (16 juillet 2017) a lancé un vif débat sur le maintien supposé des subventions aux associations qui oeuvrent à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes. Une baisse de 25% annoncée des subventions dans la brève du journal a été aussitôt démentie par la Secrétaire d’État elle-même, Marlène Schiappa.

 

Nous prenons au mot les engagements de la Secrétaire d’État chargée de l’égalité femmes-hommes, rattachée au Premier Ministre, disponibles sur la note de cadrage publiée dans Libération (18 juillet 2017 ; disponible à la fin de ce communiqué) et dans une interview au micro de BFMTV à 22H45 (18 juillet 2017) :

 

  1. La “sanctuarisation” du budget alloué aux associations qui ont pour objet la “lutte contre les violences sexistes et sexuelles”. Par définition, il est utile de le rappeler, toutes les associations luttent contre les violences sexistes et sexuelles: de l’égalité professionnelle, au harcèlement au travail ou dans la rue, en passant par les clichés sexistes – les violences subies sont toutes à caractère sexiste ou sexuel. Nous prenons donc au mot ce qu’a dit Marlène Schiappa au micro de BFMTV en direct sur les craintes de mise en concurrence des associations et sur l’attribution des subventions : “Il n’y aucune subvention pour laquelle il est prévu une baisse pour celles qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles […] On ne raisonne pas avec une enveloppe ou un camembert qu’on divise. On raisonne en partant des besoins. Les associations qui luttent contre les violences sexistes ou sexuelles gardent la totalité des subventions perçues par le ministère dont j’ai la responsabilité. […] Cela ne concerne pas des associations comme le Planning familial.”
  2. Les associations n’ayant pas fait part de retour sur l’utilisation des subventions au ministère les ont vu diminuer ou supprimer. Elles ont déjà été informées selon la Secrétaire d’État. Les associations ayant fait part de craintes ne sont donc pas concernées.
  3. Le budget lié à la grande cause nationale, c’est-à-dire la campagne de communication nationale à grande échelle promise par Emmanuel Macron pour lutter contre les violences faites aux femmes, sera supportée après accord du Premier ministre, Edouard Philippe, par le budget du Service d’Information du Gouvernement (SIG). Cela n’impactera donc pas le budget consacré aux associations qui oeuvrent sur le terrain. Cette prise en charge par le SIG s’additionne au budget des droits des femmes, qui s’élève aujourd’hui uniquement à 27 millions d’euros, soit 0,05% du budget de l’État. Avec cette information, la Secrétaire d’État confirme que le budget lié aux Droits des femmes augmente de par la transversalité de son ministère, selon elle.

 

Nous demandons à Edouard Philippe d’épargner le budget – déjà très faible – pour les droits des femmes et de le sanctuariser. Nous aimerions que des dotations supplémentaires soient accordées à ce ministère, afin de donner les moyens à l’ambition du Président de la République de respecter ses promesses électorales.

Nous attendons, dans les prochaines semaines, davantage d’informations de la part du Premier ministre et de la Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes sur l’allocation du budget et de son montant final. Nous resterons vigilant.e.s.

Ce communiqué est signé par:

– Catherine Ladousse, Présidente du Cercle Inter’elles
– Aline Aubertin, Présidente de Femmes Ingénieurs
– le réseau Supplémentd’elles

Contact presse : contact@politiquelles.org

Pièce jointe – Note de cadrage publiée dans Libération et adressée à la Direction de la Cohésion Sociale