Politiqu’elles a organisé une grande conférence pour la rentrée en présence de 100 étudiantes et étudiants venus écouter le témoignage de Nathalie Kosciusko-Morizet, Députée et vice-présidente déléguée de Les Républicains sur le thème « Comment s’imposer dans un milieu masculin ? » La numéro deux du parti des Républicains a accepté de répondre à nos questions avec sincérité et le trait d’humour qu’on lui connaît.

L'amphithéâtre Albert SOREL complet pour écouter Nathalie Kosciusko-Morizet

L’amphithéâtre Albert SOREL complet pour écouter Nathalie Kosciusko-Morizet

« La libération des femmes est une opportunité pour les hommes. Cela rend le monde politique plus intéressant ! »

 

Nathalie Kosciusko-Morizet a rappelé son parcours académique et politique au cours duquel elle fut souvent immergée dans des environnements peu féminisés. En effet de sa préparation scientifique au lycée Louis Le Grand à son passage au Ministère de l’Ecologie en passant par son service militaire à Djibouti, Nathalie Kosciusko-Morizet a très vite su composer dans un milieu masculin. La chef de file de l’opposition à Paris n’hésite pas à se saisir de sujet « bousculant la société avant même d’entrer dans le champ politique » comme l’écologie mais aussi tel que le féminisme jugé parfois à rebours de son parti politique. Si elle n’apprécie pas de porter d’étiquette, NKM parle sans détour du machisme en politique, et nous a livré de nombreuses anecdotes piquantes. La femme politique refuse tout discours victimaire se réclamant du féminisme « universaliste », humaniste incluant de ce fait les hommes pour la diversité.

« Quand une femme fait de la politique, certaines personnes se permettent des commentaires sur son physique »

Concernant son expérience personnelle, NKM est revenu sur l’exercice de ses différents mandats mettant en lumière les difficultés qui ont pu se présenter par exemple lorsqu’elle fut enceinte. « Mes deux grossesses m’ont probablement coûté deux ministères ! » nous dit-elle avant de nuancer ce propos en affirmant que ce devait probablement être une question de personne plutôt que de sexe. Elle nous parle également du sexisme dont font preuve certains médias, plus focalisés sur l’apparence que sur le discours des femmes politiques. NKM nous raconte que lorsqu’un journaliste commença une interview en parlant trois minutes de sa coiffure elle lui demanda : «  Est-ce que vous voulez que vous dise ce que je pense de votre corps ? »

«S’il existe un historique du combat féministe à gauche et pas à droite, il existe un historique de l’hypocrisie à gauche qu’il n’existe pas à droite »

NKM et Fatima EL OUASDI, présidente de Politiqu'elles

NKM et Fatima EL OUASDI, présidente de Politiqu’elles

Nathalie Kosciusko-Morizet s’est indignée contre l’hypocrisie qui pollue certains débats à l’instar de celui de la prostitution. Elle rappelle que son interdiction au XXe siècle n’empêche pas sa pratique très libre aujourd’hui au sein de « salons de massage ». La vice-présidente déléguée des Républicains défend des solutions transpartisanes contre l’inégalité persistante des conditions entre les hommes et les femmes. Elle n’accepte pas que le fait d’être une femme soit considérer comme minorité, diversité ou handicap. L’argument de la compétence n’a donc pas sa place dans le débat sur la parité, selon elle :« Il y a des femmes excellentes partout ! ».

« La discrimination est l’affaire de celui qui la pratique »

NKM se réclame du féminisme universaliste

NKM se réclame du féminisme universaliste

Au sujet des solutions à apporter pour s’imposer dans un milieu masculin, NKM rappela le travail qui a déjà été accompli en matière de parité notamment par son biais au sien du Parti des Républicains. Elle insiste sur l’importance de « la quantité et de la qualité en matière de quotas » regrettant la spécialisation sexuée de certains portefeuilles ministériels. Elle délivra deux précieux conseils aux femmes voulant se lancer en politique. Le premier est de ne pas penser que les quelques différences physiques entre un homme et une femme peuvent justifier les inégalités. Enfin elle insiste sur le fait qu’il ne faut pas anticiper les discriminations en s’ancrant dans des thèses différentialistes.

Nathalie Kosciusko-Morizet nous a montré l’importance qu’elle accorde au combat contre les stéréotypes sexuels mais aussi tous la pensée différentialiste. Elle conclut cet échange en rappelant que la défense d’une place égale des femmes en politique est celle du progrès et de la justice.

 

Sandrine ELMI